Catharsis
Installation, In situ, Son, Ombre et lumière

Le verbe d’un poème, une mélodie, l’écoute d’une voix reconnaissable, sont comme un parfum qui en une seconde traverse la pensée et réanime un monde entier.
Le volcan de Nisyros qui est entouré de mer, là où tout naît, meurt et renaît, a depuis l’Antiquité attiré des hommes et des femmes de quatre coins du monde qui venaient apaiser et soigner leurs souffrances dans ses bains thermaux.
Dans le bâtiment abandonné des bains thermaux de Nisyros, 24 haut-parleurs installés de manière discrète, diffusent plus de 140 voix nisyriotes. Elles murmures, chantent ou psalmodient deux strophes du poème Je brûle du très grand poète grec Níkos Gátsos, sur la mélodie de l’immense Stávros Xarchákos :
« Je brûle, je brûle, jette plus d’huile sur le feu.
Je me noie, je me noie, jette-moi dans la mer profonde. »
Ces deux phrases sont diffusés dans les espaces de part et d’autre du couloir central, la nuit respectivement baignés dans la lumière rouge et bleue.
Cette mélodie très populaire en Grèce, flotte comme une barque qui refuse de disparaitre à l’horizon. Des échos de feu et de mer composent une sorte de litanie paradoxale et familière en même temps.
L’idée de Catharsis a-t-elle encore un sens aujourd’hui ?

Jason Karaïndros, mars 2017